Durant cinq jours, la question de la surmortalité des huîtres et de ses conséquences pour les exploitants sera au coeur de ce premier
congrès mondiale de l'huître. Organisé à l'initiative de la section régionale conchylicole (SRC) Arcachon Aquitaine, son objectif est de trouver de "trouver des solutions durables".
"Les huîtres sont, à travers le monde, une ressource fragile qui ne va pas très bien et c'est en grande partie lié aux changements climatiques", explique Sébastien Chantereau, secrétaire général du
comité national de la conchyliculture (CNC). Ainsi, l'acidification des océans, la montée des températures ou encore l'anoxie (insuffisance en oxygène) de l'eau dans certaines zones, liées au réchauffement climatique, ont des conséquences sur les huîtres, qui sont de vraies "sentinelles de l'environnement comme les abeilles le sont pour la terre".
Echanger, comprendre pour limiter la mortalité de l'huitre
"Après quatre ans de crise, nous avons besoin d'échanger afin de mieux comprendre ce qui se passe et de bénéficier des retours d''expérience des professionnels pour anticiper les crises à venir ", souligne
Olivier Laban, président de la
SRC Arcachon-Aquitaine. "Nous devons échanger nos expériences car les pratiques professionelles sont les seuls leviers sur lesquels agir pour limiter cette mortalité", ajoute M. Chantereau. "La filière doit envisager toutes les possibilités d'évolution dans les pratiques culturales et plus généralement dans la gestion du cheptel, visant à minimiser le risque de transmission du virus", estime Benoît Beliaeff, responsable du
Département Ressources Biologiques et Environnement de l'Ifremer. Pour lui, "parallèlement à ces mesures préventives, la sélection génétique est une voie à privilégier. Il s'agit d'identifier des familles plus résistantes et de réaliser des plans de croisement permettant le repeuplement et l'amélioration du captage". "Trouver une souche qui résiste à ce virus sera long, une importation d'une nouvelle souche serait plus rapide, mais les règles aujourd'hui nous l'interdisent", souligne M. Laban.
Dans les années 70, une épizootie sans précédent avait décimé les huîtres du Bassin d'Arcachon, qui étaient alors en grande partie d'origine portugaise. Les professionnels avaient alors décidé d'importer en masse une variété d'huîtres creuses originaire du Japon, permettant ainsi de sauver l'ostréiculture du Bassin d'Arcachon.
L’Aquitaine, l'un des 1ers centres producteurs de naissain naturel d’huîtres creuses au niveau national
Avec quelque 130.000 tonnes produites chaque année, la France est le cinquième producteur mondial.
En Aquitaine c'est quelques
350 entreprises (+ de 1000 emplois) qui produisent
9 à 10.000 tonnes d'huîtres par an.
Avec 850 hectares de parcs à huîtres, l’ostréiculture est une activité maritime majeure pour la Région, notamment sur le bassin d’Arcachon mais aussi sur le lac d’Hossegor.