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Assises de la Gironde (33) Le procès du meurtre de Dorian, émotion et questionnement.

L'émoi est beaucoup moins intense que ce jour du 16 août 2009, où Dorian Bambara décédait sous un abri bus, quai Sainte-Croix, tôt le matin, exsangue après avoir reçu un  coup de couteau mortel à la gorge.

  • Par Bertrand Lerossignol
  • Publié le 28/11/2012 | 11:29, mis à jour le 30/11/2012 | 10:09
Le meurtre avait suscité beaucoup d'émoi sur les lieux mêmes de sa mort. Une marche blanche avait réuni 500 personnes en mémoire de Dorian Bambara, 23 ans mort en 2009. © France 3 aquitaine
© France 3 aquitaine Le meurtre avait suscité beaucoup d'émoi sur les lieux mêmes de sa mort. Une marche blanche avait réuni 500 personnes en mémoire de Dorian Bambara, 23 ans mort en 2009.
Le procès est tendu, la mémoire de la victime est présente, l'énoncé des faits relate les circonstances, les détails sont difficiles à entendre par la famille demeurant à Montussan, les amis de Dorian, une victime du duo des accusés, Grégory, touché le 16 août 2009 de cinq coups de couteau. En face, dans le box des accusés, deux individus présumés innocents l'un se défausse de sa responsabilité, aidé en cela par un des avocats de la défense.


Divers degrés de culpabilité

Les deux amis, épris de boissons et de stupéfiants, circulent sur le quai Sainte-Croix. L'un des deux n'apprécie pas un croisement de regard avec Grégory accompagnée de son amie. L'accusé principal lance une insulte, en réponse il se trouve en face d'un jeune adulte en pleine capacité de ses moyens. L'offenseur se retrouve trés vite projeté au sol, En mauvaise posture, il sort un couteau de sa poche, et porte des coups avec l'arme vers une silhouette, Grégory. Malmené, blessé, il envoie un message par téléphone à un ami, non loin de là, Dorian. Il accourt pour venir en aide à son ami d'enfance. Dorian arrive puis s'effondre, le sang s'écoule de son cou, à 23 ans il perd la vie.


Dans le box, deux individus aux profils différents

Trois juges furent nécessaire pour conclure l'instruction, sans que l'accusation puisse établir l'auteur précis des coups mortels. Abdelhalim a la charge de l'accusation qui pèse sur ses épaules. Son avocat tente de le déresponsabiliser en constatant que sa mémoire n'est plus fiable depuis ce jour de 2009, que "depuis un traumatisme psychique" l'empêche d'assumer une quelconque responsabilité. L'argument fait bondir la salle, l'assistance soutient ou conteste l'argumentaire de la défense dans la joute qui l'oppose à l'Avocate générale. Sofiane reconnait avoir été le compagnon de soirée d'Abdelhalim, mais quand les coups ont commencé à s'échanger, il a pris peur, il a quitté les lieux de la rixe, animé par la panique. Le procés doit donc tenter d'établir la part de responsabilité, décortiquer trois minutes où deux vies ont basculé, l'une dans le décès, l'autre dans la culpabilité.


Témoins, victimes, entendues, plaidoiries à venir

L'accusé principal souffre d'amnésie, mais des témoins ont vu la scène à distance. De leur souvenir, il ne reste qu'un tee-shirt maculé de sang, d'une gorge visée prise et agressée, mais rien de plus précis. L'ami, victime de cinq coups de couteau, regrette  : " je m'en voudrais toute ma vie" d'avoir appelé au secours Dorian. Les plaidoires doivent se dérouler dans la journée de mercredi. L'avocat de la défense s'engouffrera dans les failles de ce dossier, l'absence du couteau, l'incertitude des témoins, la personnalité de son client, tentant de le sortir de l'accusation de meurtre, espérant faire retenir que la tentative contre Grégory. L'autre accusé compte sur son avocat pour le dédouaner de toute intervention dans cette rixe, il a pris la fuite, sa peur a été salutaire pour sa liberté. Les jurés auront sans doute beaucoup de mal à établir la justesse des gestes, une chose est certaine, Dorian est mort sous des coups, de qui ?

Procès d'assise du meurtrier de Dorian

 

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