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Scandale de la viande de cheval : 8 cadres de l'ex-Spanghero ont été interpellés.

Huit cadres de l'ex-Spanghero, entreprise de Castelnaudary (Aude), ont été interpellés mardi matin en Languedoc-Roussillon et en Midi-Pyrénées dans l'enquête judiciaire sur le scandale de la viande de cheval. Pendant ce temps, la société, qui a changé de nom, tente de remonter la pente.

  • C.B. et AFP
  • Publié le 10/09/2013 | 11:33, mis à jour le 10/09/2013 | 15:46
© France 3 Aquitaine
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Ce mardi matin,  huit cadres de l'ex-Spanghero, entreprise de Castelnaudary (Aude) ont été interpellés en Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées dans le cadre de l'enquête judiciaire sur le scandale de la viande de cheval vendue pour du boeuf, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

Les huit personnes, interpellées pour un bon nombre dans l'Aude, ont été placées en garde à vue dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en mars à Paris pour "tromperie simple et tromperie aggravée, faux et usage de faux", a-t-on appris de sources proches de l'enquête.

Sept d'entre elles ne font plus partie du personnel de la société, rebaptisée depuis La Lauragaise, selon Laurent Spanghero, qui vient de reprendre l'entreprise qu'il avait fondée avec son frère en 1970 avant de la céder à la coopérative basque Lur Berri en 2009. Le huitième cadre "doit s'en aller dans le cadre d'un départ négocié", a déclaré Laurent Spanghero.

Les interpellés étaient entendus par les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) et de la section de recherches du Languedoc-Roussillon opérant sur commission rogatoire de deux juges d'instruction parisiens.

Enquête en cours

Ce sont les premières interpellations connues dans cette affaire. Pour les gendarmes, il s'agit de savoir au cours de ces auditions quel rôle la société Spanghero et ses dirigeants ont joué dans un scandale aux ramifications européennes qui a mis en lumière certains agissements de l'industrie agroalimentaire et signalé l'opacité de ses circuits d'approvisionnement.

Quand le scandale, parti de Grande-Bretagne et d'Irlande en février, a éclaté, le gouvernement a ouvertement accusé Spanghero d'avoir trompé ses clients en revendant sciemment pour du boeuf de la viande de cheval, qui a ensuite servi à la préparation de millions de plats cuisinés, comme des lasagnes, pour des marques comme Findus ou la grande distribution.

Les dirigeants de l'entreprise de l'époque (ils ont changé depuis) ont toujours protesté de leur bonne foi et dit avoir été victimes des intermédiaires de la filière.

La société ne s'en est jamais remise

Le négoce de viande brute ne représentait qu'une part mineure de l'activité de Spanghero, spécialisée dans les viandes découpées ou préparées et dans les plats cuisinés. Mais la société, poids lourd local avec 360 salariés avant l'affaire,ne s'en est jamais vraiment remise, même après avoir récupéré la plupart de ses agréments sanitaires frappés de suspension administrative.

La révélation a posteriori (le 19 mars) du fait que la viande de mouton britannique prohibée avait été découverte dans l'entreprise a achevé de la mettre à genoux. Spanghero a vu s'éloigner un à un ses clients jusqu'à s'arrêter fin juin.

Liquidation judiciaire et reprise

Mise en liquidation judiciaire, elle a été reprise par l'un de ses fondateurs, Laurent Spanghero, et deux partenaires. Ils se sont engagés à sauvegarder 90 emplois pendant au moins deux ans. 
"Ces gens représentent le passé, la justice fait son travail", a dit Laurent Spanghero, inquiet des retombées sur une entreprise qui essaie de remonter la pente.

La société a repris le travail début août sous son nouveau nom, La Lauragaise, l'ancien étant devenu trop lourd à porter. Fin août, ses dirigeants annonçaient que son activité plats cuisinés avait repris à hauteur de 50%. L'activité viande devait, elle, reconquérir sa clientèle. "C'est dur, mais on avance", a ajouté M. Spanghero. "Chaque jour, on monte une marche. L'activité viande va redémarrer dans dix jours et j'espère que dans un mois et demi cela ira", a-t-il souhaité.

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