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L'hypnose pour lutter contre la douleur des enfants

A l'occasion de la Journée Mondiale de la douleur, nous vous proposons de découvrir l’hypnose qui fait aujourd’hui partie intégrante des thérapeutiques de prise en charge de la douleur proposées aux patients. Reportage au CHU de Bordeaux dans notre édition du 12/13

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  • Publié le 21/10/2013 | 07:01, mis à jour le 21/10/2013 | 12:32
© France 3 Aquitaine
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Invité plateau : Pr François SZTARK – chef du Pôle d’anesthésie-réanimation – CHU de Bordeaux
Date de diffusion : lundi 21 octobre 2013 à 12H

Qu’est-ce que l’hypnose ?

L’hypnose médicale a fait l’objet de bien de controverses et malentendus, mais depuis que ses  mécanismes d’action ont été objectivés par l’imagerie cérébrale fonctionnelle, elle a cessé d’être une croyance.
Ce n’est ni spectaculaire ni magique, l’hypnose correspond à un état naturel qui se produit dans notre vie quotidienne spontanément ; lorsque notre « esprit s’évade », « je suis là sans être là », absorbé par ma lecture, une image, de la musique…
Ce qui signifie que « faire de l’hypnose », n’est autre que de proposer à la personne, de se mettre dans un état de concentration intérieure pour obtenir un « lâcher-prise » physique et mental, afin d’exploiter plus volontairement ses ressources personnelles.

Dans le traitement de la douleur, la place des médicaments reste souvent centrale, mais force est de constater que cette stratégie, peut atteindre parfois ses limites ; développer des outils complémentaires est essentiel.

Induire un état d’hypnose c’est conduire le patient vers un état d’absorption imaginative qui lui est propre, où les perceptions comme la douleur et l’anxiété vont se retrouver modifiées, atténuées. Mais en aucun cas, l’hypnose ne peut s’imposer au patient, une relation de confiance, une alliance thérapeutique, est nécessaire.

Elle amène ainsi de grands changements dans la relation soignant-soigné, le patient devient acteur, il reprend sa position centrale dans le soin. Sa pratique modifie considérablement le vécu et permet au patient de « bien vivre » le soin, de mieux gérer sa douleur, ou d’appréhender l’acte chirurgical, et d’en garder un souvenir non traumatisant, une impression de bienveillance à son égard.

L’hypnose apporte des bénéfices tant chez le patient, le thérapeute, que chez les soignants ou l’entourage présents lors des soins, procurant un apaisement de part et d’autre, le soin se réalisant dans une ambiance plus calme et détendue, laissant un vécu plus positif pour chacun.
La finalité dans les soins douloureux répétés, ou la douleur chronique, est d’autonomiser la personne, qui grâce à un apprentissage, peut s’approprier la technique et pratiquer seule : c’est « l’auto-hypnose ».

32 personnes formées à l'hypnose médicale au CHU de Bordeaux

La Fondation APICIL qui encourage les méthodes innovantes de manière à faire évoluer les pratiques, en complément des traitements médicamenteux, a accepté cet appel à projet en participant à hauteur de 50% (15 000 euros) au financement de la formation, l’autre moitié a été complétée par le CHU de Bordeaux.
Cela a permis de former 32 paramédicaux (puéricultrice, auxiliaire de puériculture, manipulateur en électroradiologie, psychologue, kinésithérapeute), sur 2 sessions de formation (automne 2012 et hivers 2013), soit un binôme par service ; 15 services ont été concernés toutes spécialités confondues, tous susceptibles d’accueillir un enfant atteint de cancer.
Suite à cette initiative, l’hypnose médicale a pu être appliquée auprès des enfants, en complément des prises en charge thérapeutiques initiales pour environ 1000 actes.


L'hypnose utilisée dans l''unité d'oncologie et hématologie pédiatrique du CHU de Bordeaux

Avec le Pr Yves Perel, chef du pôle pédiatrie du CHU de Bordeaux, cette unité de l'hôpital des Enfants accueille chaque année en moyenne 100 nouveaux cas de cancer. Elle est le centre spécialisé pour l'Aquitaine et les Charente et développe des liens avec Toulouse et Limoges.
Au cours du traitement en oncologie pédiatrique, les enfants sont confrontés à de multiples douleurs liées à la maladie, mais aussi plus fréquemment provoquées par les soins : examen de moelle, ponction lombaire, pose de sondes, pansements... La prise en charge médicamenteuse peut être insuffisante, particulièrement sur la composante anxieuse de la douleur.
Ces douleurs influent non seulement sur l'enfant, se répercutent sur sa famille, et sont sources d'insatisfaction professionnelle pour le soignant...
Face à ce constat, le CHU de Bordeaux a développé cette approche globale et innovante de prise en charge du patient.
L'équipe d'unité oncologie pédiatrique prévient ces douleurs par des moyens non médicamenteux et grâce à un accompagnement  avant, pendant et après le soin : information, préparation, présence d'un proche, distraction, toucher massage...

L'hypno-thérapie apparaît comme une technique de soins complémentaire permettant d'agir directement sur la sensation douloureuse, mais aussi sur le vécu émotionnel du soin.

En savoir + sur ce service
 
Source : Pr François Sztark, Président du Comité de Lutte Contre la Douleur (CLUD),
chef de pôle anesthésie-réanimation du CHU de Bordeaux

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