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Ecotaxe: la FNSEA demande une exonération "pour toute la filière agricole"

Ecotaxe: la FNSEA hausse le ton et demande une exonération "pour toute la filière agricole" alors qu'elle se contentait jusqu'à présent de réclamer une remise à plat du dispositif. Pendant ce temps là de nouvelles dégradations de portique ont lieu en Lot-et-Garonne.

  • C.B. et AFP
  • Publié le 07/11/2013 | 16:51, mis à jour le 07/11/2013 | 16:59
Xavier Beulin, président de la FNSEA, est candidat à sa propre succession. © MEHDI FEDOUACH / AFP
© MEHDI FEDOUACH / AFP Xavier Beulin, président de la FNSEA, est candidat à sa propre succession.
"Je demande au Premier ministre, quel que soit l'avenir de cette écotaxe, d'annoncer une exonération pour toute la filière agricole : agroalimentaire, production, agrofourniture. Ça me paraît indispensable de faire cette annonce", a déclaré jeudi le président du syndicat agricole majoritaire, Xavier Beulin, sur Europe 1.
Lorsque Jean-Marc Ayrault a suspendu sine die l'écotaxe, la semaine dernière, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) s'était déclarée "satisfaite", rappelant qu'elle demandait "un ajournement et pas une suppression".

Avec ces nouvelles déclarations, M. Beulin durcit donc le ton tout en réalisant un grand écart : condamner les actions des Bonnets rouges tout en s'alignant sur leur demande d'une suppression de l'écotaxe, en tous cas au moins pour le monde agricole. "Ça fait trois ans, quatre ans, que la FNSEA demande à tous les ministres successifs de reprendre ce dossier de l'écotaxe (...). J'en demande l'exonération clairement ce matin", a répété le patron du syndicat agricole.
Face à la mobilisation qui se poursuit en Bretagne, le gouvernement a souhaité mercredi la signature d'un "Pacte d'avenir" pour la région avant la fin novembre.

Xavier Beulin a mis en garde l'exécutif contre la tentation de prendre "des mesures particulières". "Le président de la FNSEA se fait engueuler tous les jours parce qu'on a le sentiment qu'on ne parle que de la Bretagne, alors que le malaise est beaucoup plus profond. Il touche beaucoup de régions", a-t-il assuré, citant pêle-mêle Provence-Alpes Côte d'Azur, le Languedoc-Roussillon, la Lorraine, le Nord et le Centre.Tous ne partagent pas l'analyse de la FNSEA.

La colère bretonne occupe le devant de la scène car l'industrie agro-alimentaire représente "150.000 emplois directs" là-bas, a souligné M. Beulin. Mais "il y a des sujets transversaux, généraux, qui concernent l'ensemble de l'agriculture et de l'agroalimentaire français", a poursuivi le syndicaliste.
Le président de la FNSEA a appelé le mouvement des Bonnets rouges, à la pointe des revendications bretonnes, à cesser les violences, alors que le gouvernement promet plus de sévérité à l'égard des fauteurs de troubles.

Une borne détruite en Lot-et-Garonne

La suspension de cette mesure qui devait entrer en vigueur le 1er janvier, n'a cependant pas calmé tous les esprits puisqu'une borne écotaxe a été partiellement détruite dans la nuit de mercredi à jeudi dans le Lot-et-Garonne et qu'une autre a été l'objet d'une tentative d'incendie près de Rouen. Le dispositif écotaxe incendié à Castillonnès, dans le Lot-et-Garonne, a été partiellement détruit par un incendie volontaire dans la nuit de mercredi à jeudi sur une route nationale du Lot-et-Garonne. Le distributeur automatique de boîtiers GPS utilisés pour le dispositif de l'écotaxe, aux alentours de 03H30. Selon la gendarmerie, un radar a été incendié selon le même mode opératoire une heure plus tard dans l'agglomération agenaise, à 75 km de là...

Outre cette installation, au moins onze bornes et quatre portiques destinés au contrôle de la collecte de l'écotaxe ont déjà été détruits en France depuis le début de la contestation contre cette mesure fiscale suspendue par le gouvernement, selon le dernier bilan du ministère des Transports, établi mardi.
A terme, le dispositif de contrôle de l'écotaxe prévoit le déploiement de 173 portiques et 200 bornes sur le territoire français.


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